Quelle "vachement belle Transat"! Quelle "vachement belle Transat"!

header06.jpg
Quelle "vachement belle Transat"!
Écrit par Laurence Caraes (Agence Kaori)   
Jeudi, 26 Novembre 2009 18:57

Arrivée à Puerto Limon...

Le soleil des tropiques, la coque rouge et sa Vache qui rit géante en plein surf sur l’eau turquoise, puis les cris et les embrassades viriles, cet après-midi au Costa Rica, Kito de Pavant et François Gabart nous ont offert une arrivée sublime.

Groupe Bel a franchi la ligne en deuxième position à 11 heures, 32 minutes et 30 secondes heure locale (18h32’30’’heure française) après 16 jours, 4 heures, 2 minutes et 30 secondes de course menés à la vitesse moyenne de 12,18 nœuds. Kito et François achèvent ainsi cette traversée 8 heures, 40 minutes et 20 secondes après Marc Guillemot et Charles Caudrelier, brillants vainqueurs à bord de Safran.

Durant ces 16 jours de course, la vache s’est mise à l’eau. Elle a mouillé sa chemise. Tant sur la première semaine de course dantesque où certains ont dû de jeter l’éponge que sur cette diagonale parfaite à travers l’Atlantique où il a fallu cavaler fort dans un alizé qui claque et ne tolère pas l’approximation. Si la trace est rectiligne sur la carte, on sent dans les yeux brillants de nos marins, comme au creux de leurs mains crevassées, que le pays de l’or vert s’est mérité dans la douleur et l’humidité.

Évidemment, cette lutte fratricide entre Safran et Groupe Bel, ces faux jumeaux dessinés par les mêmes architectes*, a pimenté la sauce. Si Safran a gardé son leadership pendant 12 jours, Groupe Bel n’a pas cessé une minute de mettre la pression comme l'ont souligné à plusieurs reprises Marc Guillemot et Charles Caudrelier à leur arrivée.

KITO DE PAVANT :

Le finish : " Le dernier jour a été très difficile avec un grain dans lequel nous sommes restés « scotchés » presque 7 heures. On se disait que les autres arrivaient à fond derrière, qu’ils allaient nous doubler. Vraiment pénible."

La course : " C’était une transat dure, très dure. Nous avons poussé le bateau comme jamais. On s’est fait mal. On s’est fait peur aussi. Notamment lorsque ce tuyau de ballast s’est déconnecté. J’avais de l’eau jusqu’à la taille. On s’est dit que le bateau avait cassé, que tout était fini."

La lutte avec Safran : " Nous savions que nos bateaux étaient rapides et qu’il fallait les pousser vraiment loin pour faire craquer l’autre. Nous avons été souvent proches de la rupture mais notre leitmotiv est resté : prudence et efficacité. Je suis très content pour Marco et Charles, ils le méritent énormément. Je les félicite. Leur course est admirable."

Le duo : " François, il est incroyable. Il m’a impressionné tous les jours. Sa capacité d’analyse, son énergie, sa bonne humeur permanente. Il a 26 ans et sait tout faire sur le bateau. C’est un super gars. Je peux vous dire que vous entendrez longtemps parler de lui et qu’il a un paquet de Transat Jacques Vabre devant lui. Qu’est ce que j’aurais aimé faire ça à son âge ! "

Un moment clef :
" Le 3e jour, nous étions concentrés sur notre stratégie à long terme et nous avons loupé un coup à court terme qui a permis à Safran et BT de s’échapper. On a toujours des regrets lorsqu’on arrive deuxièmes mais c’est la course et globalement c’est une grande satisfaction."

FRANÇOIS GABART : « Moi, ça a été 100% de bonheur, 24 heures sur 24. Je ne peux dire que merci. Je sais que Kito est un marin exceptionnel et un homme très généreux. Nous nous sommes vraiment régalés. Ces bateaux dessinés par VPLP et Guillaume Verdier sont extraordinaires. J’ai retrouvé des sensations que j’avais en dériveur ou en Tornado (catamaran de sport). L’humidité permanente fut l’une des choses les plus difficiles à supporter avec la pression de la compétition comme la peur de la casse, des sentiments qui ne te lâchent jamais. Mes plus beaux moments resteront sans aucun doute ces surfs à 20 nœuds dans la grande houle d'alizé. J’ai vraiment pris mon pied. "

 CP écrit par Julia Huvé - Windreport

Share