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Fanch Gab, l’ingénieur souriant
On commence déjà à le surnommer « l’ingénieur »… mais l’ingénieur souriant ! François Gabart, jeune diplômé de l’INSA de Lyon s’est parfaitement adapté à l’ambiance et au rythme du Pôle France Finistère Course au Large qu’il a intégré en avril dernier. Il déguste avec bonheur chaque instant de sa nouvelle vie de « Skipper Espoir Région Bretagne ».
Organisé, souriant, calme, gentil… voilà les premiers mots qui viennent à l’esprit de ceux qui côtoient désormais François au quotidien : « Il est avant tout sympathique et très rigoureux ; c’est un vrai scientifique ! », précise Christian Le Pape, directeur du Pôle France Finistère, « il est organisé, méthodique, mais il a aussi la fraîcheur de la jeunesse : il a de l’humour et sait s’amuser. » « François est quelqu’un d’intelligent. Il est logique, il aime les chiffres. François est aussi, et surtout, très gentil, paisible… d’une humeur toujours égale », confirme Romain Bouchet, le préparateur du Figaro Espoir Région Bretagne.
Une chance dégustée à sa juste valeur François Gabart a intégré le Pôle France Finistère Course au Large en avril dernier, après sa victoire dans le Challenge Espoir Région Bretagne. Une « chance inouïe » qu’il savoure chaque jour : « je vais de bonnes surprises en bonnes surprises, j’apprends énormément, au contact de personnes d’expérience. » Du haut de ses 25 ans, le jeune régatier a déjà 12 ans de pratique du dériveur à haut niveau à son actif, dont 4 années en Equipe de France, sur Tornado. En Optimist, Moth Europe puis en lors de son olympiade, il décroche plusieurs titres internationaux. François a aussi, plus récemment, vécu deux longues années de « galère » avant de parvenir à vivre la vie qu’il s’est choisie : celle de skipper professionnel… « Le cheminement a été long et difficile… Avec le recul, je suis content d’avoir vécu deux années de galère à la recherche d’un budget : sans cela, je n’apprécierais sans doute pas à sa juste valeur la chance qui m’est donnée. »
A l’origine, une sacrée tranche de vie… En 2005, François a en effet pris une décision définitive : faire de la course au large son métier. Il est alors étudiant, à l’INSA de Lyon. Il profite de ce statut pour se lancer dans la course : « J’avais des horaires aménagés. J’ai pu terminer mes études en trois ans au lieu d’un… mais il fallait que je gagne ma vie. Ça n’a pas été facile. D’autant que j’étais constamment en décalage avec mes amis… », se souvient-il. Pourtant, François n’aurait renoncé pour rien au monde. Cette « vocation » remonte à son enfance. Pour lui, tout a commencé lorsqu’il avait 7 ans, lorsque la famille Gabart embarque pour une année sabatique sur l’océan Atlantique… Les Canaries, le Cap vert, les Antilles, les Etats-Unis et retour… Le « circuit classique » comme dit François, mais surtout une sacrée tranche de vie qui l’a profondément marqué : « d’avoir vécu sur un bateau, et vécu de sacrés bons moments, c’est ce qui me donne envie aujourd’hui de repartir au large. Pendant un an, tu sors du système. Tu passes une année riche de découvertes d’autres pays, d’autres cultures, de rencontres... La « normalité » éclate. »… et ça, ça ne s’oublie pas.
La course au large : un état d’esprit, un choix de vie Fort de ce trésor d’enfance ancré au fond de son cœur, de ses tripes, François Gabart est prêt à soulever des montagnes ou de patienter le temps nécessaire pour faire sa place parmi les skippers de course au large. Car maintenant, c’est sûr, il le sait, c’est là qu’il doit être : « J’ai toujours été très agréablement surpris par la grande solidarité qui lie les skippers. Ils sont ouverts, gentils… Faire de la course au large son métier c’est un état d’esprit, un choix de vie qui n’est pas facile à vivre. Il y a toujours le problème des sponsors, de nombreuses contraintes... Du coup, un respect mutuel lie les skippers de course au large. Ils sont solidaires entre eux.»
Aujourd’hui, François est légitimement le plus heureux des bizuths du circuit Figaro Bénéteau, d’autant que dès ses premières courses, le jeune Skipper Espoir Région Bretagne s’est montré « dans le coup, et même régulièrement dans le coup », confirme Christian La Pape, « c’est extrêmement prometteur… »
(Portrait écrit par l'agence Kaori)
Dates repères
- Son enfance : Croisières en famille
- De 7 à 8 ans : Une année sur l’océan Atlantique
- Dès son retour à terre : Dériveur (Optimist, Moth Europe) et compétitions de haut niveau
- 2001 – 2005 : Préparation olympique en équipe de France de Tornado
- 2005 – 2007 : Premiers bords en course au large sur Mumm30, Trimaran Orma et Figaro
- 2008-2009 : Skipper Figaro 'Espoir Région Bretagne' - Co Skipper 60'' Imoca 'Groupe Bel' sur TJV
- 2010-2011 : Skipper Figaro 'Skipper Macif 2010' - Co Skipper 60'' Imoca 'Foncia' sur BWR
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